Les machines à coudre d’André Haller

 

 

La première impression lorsqu’on pénètre dans le hangar où sont exposées les machines à coudre d’André Haller, est d’être tombé sur un trésor caché, tellement le contraste entre le voisinage insignifiant du hangar et son contenu paraît incongru surprenant et poignant. Comment une telle collection qui interroge la raison, peut être aussi isolée dans un lieu presque anonyme et si proche de vous ? Tout le clinquant et brillant des fabuleuses machines qui ornent en colonne les allées du petit musée dégagent une atmosphère curieuse. Il s’y mêle la présence personnelle de leur utilisateur et l’histoire parfois surprenante de la vie des machines qui faisait corps avec leur possesseur. Parce que ces machines à coudre, de toutes origines, locales, françaises et internationales vous parlent avec leurs intimes détails, on veut se taire et jouir comme lors de la découverte secrète de son jouet sacré. C’est l’articulation des pieds et des mains des couseurs qui ont habillé, chaussé, fourré, et coiffé des millions d’hommes qui se découvre face à vous dans une modestie statique comme en mal de mouvement. Ces meubles, au centre de la vie familiale de nos contemporains, sont habillés, décorés, identifiés comme la marque secrète de la notabilité de leur propriétaire. Ainsi après les balbutiements de l’artisanat sous l’ancien régime, la nouvelle modernité semble se révéler, derrière la première et autonome habileté de l’homme à se découvrir façonneur individuel dans ce qui préparera en miniature l’explosion de l’industrie manufacturière dans les années 1800.

« Une histoire qui dépasse l’homme providentiel »

André Haller, retraité et ancien agent de maîtrise de l’usine chimique voisine a aimé sans compter et sans conscience, (comme tous passionnés) qu’il accumulait au fils des années un trésor dont la valeur dépassait à terme un anonymat pathologique. Même si des médias nationaux et régionaux, (TF1, FR3 et les journaux écrits locaux) ont compris l’ampleur de l’importance d’une telle collection, le public local n’a pas encore mesuré la richesse qu’il côtoyait en passant dans la rue de Mulhouse chaque jour. C’est pourquoi le musée « des Amis de Thann » s’est proposé d’exposer un dixième des 1200 machines au sein de son musée en cette année 2006 pour faire rêver les visiteurs sur ses outils intimes et chargés d’histoires. Ainsi, on pourra par exemple découvrir une machine de la famille Schlumberger du début des années 1800 et surtout la machine mascotte d’André qui a été construite à Mulhouse il y a deux siècles et dont le symbole du blason, la roue Mulhousienne, décore la machine.

 

Machines à coudre d'Autrefois

le site d'André HALLER

http://www.collection-haller.com