En 1045, la veuve du comte de Nord-Gau, Mathilde, fait construire le couvent de Woffenheim pour y ensevelir son mari. Elle le dote de terre afin de lui assurer un revenu, et les moines organisent le défrichement, l'exploitation et le peuplement. Le village est à la fois fief des ducs d'Eguisheim et des moines du couvent, qui prélèvent ainsi chacun monnaies et corvées sur les villageois.

          Roderen forme, avec Rammersmatt, Leimbach et Ottenswiller, une mairie indépendante, dirigée par un maire. Cette forme d'exploitation rurale perdure jusqu'à la Révolution. Roderen possède également une cour dîmière et un droit d'asile. En 1144, les terres passent aux mains de la famille Ferrette, puis dans celles de la famille de Habsbourg. Lorsque Thann devient ville en 1360, Rodolph IV veut lui rattacher la mairie indépendante de Roderen. Les habitants luttent pendant dix ans pour garder leur indépendance.

          Au cours des XIII° et XIV° siècles, le village subit invasions, famines, maladies et procès de sorcellerie. Le XV° siècle est marqué par la dysentrie, la peste et la diphtérie. Puis la guerre de Trente Ans, entre 1618 et 1648, augmente encore le nombre de décès dans la population. Au sortir de cette guerre, le village n'a plus de ressources, puisque les vignes, les cultures, et le bétail ont été anéantis, et presque plus d'habitants. Il est repeuplé d'émigrés suisses et autrichiens. Grâce aux traités de Westphalies, Roderen est français de 1648 à 1870, puis devient allemand jusqu'en 1914.

          Situé à proximité du front, le village est délivré en août 1914, mais subit de nombreux bombardements durant la guerre. Au milieu des années 1930, le réseau de distribution d'eau est installé. A la fin de Seconde Guerre mondiale, Roderen est libéré le 10 décembre 1944, après des affrontements entre chars Sherman et Panzer.

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